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CATEGORIES:Séminaire du CREM, CREM
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SUMMARY:Un studio dans la poche. Comment se chante, s’enregistre et se diffuse la jeunesse sur le fleuve Oyapock (Guyane) ?
LOCATION:Lesc – salle 308F (3e étage)
DESCRIPTION:<p><img src="images/vstoichita/Image_-_Fernando_Yakali_2022.png" width="250
 " height="141" alt="Image Fernando Yakali 2022" style="margin-right: 10px; 
 margin-bottom: 10px; float: left;" />Avec <a href="https://www.lesc-cnrs.fr
 /en/profil-utilisateur/fwattelier" target="_blank" rel="noopener">Florent W
 attelier</a></p><p>Depuis plusieurs décennies, une forme de globalisation c
 ulturelle entraine la circulation de plus en plus rapide de genres musicaux
  exogènes dans les villages amérindiens (teko et wayãpi) de la vallée de l’
 Oyapock dans l’est des Guyanes. Zouk, konpa, reggae, dancehall, brega, rap,
  … Tous ces genres font aujourd’hui partie des habitudes d’écoute des jeune
 s gens et de leurs aînés au quotidien, et lors des réunions de boisson. Dep
 uis peu, cependant, la réappropriation de musiques importées a pris une nou
 velle forme et ne se limite plus seulement aux pratiques d’écoutes&nbsp;: d
 e jeunes gens chantent maintenant dans leur(s) langue(s) leurs aspirations 
 sur des pistes instrumentales de reggae, de dancehall ou de rap. Les titres
  enregistrés circulent de village en village depuis leur foyer de productio
 n et intègrent ainsi les répertoires d’écoute des réunions de boissons, côt
 oyant des objets musicaux globalisés issus des plus grands studios régionau
 x (Caraïbes) ou mondiaux (Etats-Unis, Europe).</p><p>Là où il y a encore qu
 elques années, enregistrer un titre pour les chanteurs imposait de recourir
  aux services d’un spécialiste tiers, il est aujourd’hui possible de graver
  ses inspirations par soi-même, sans apparente intermédiation, sur le momen
 t et sans formation aux techniques de prise du son grâce à son smartphone. 
 La miniaturisation de la technologie permet aujourd’hui aux jeunes chanteur
 s de se promener avec leur studio d’enregistrement dans la poche. L’accessi
 bilité (gratuité et disponibilité des applications sur smartphone) et la fa
 cilité d’utilisation (pas besoin de connaissances d’ingénierie sonore)&nbsp
 ;permettent une production rapide et testimoniale des inspirations musicale
 s. Le musicien se situe ainsi dans cette position paradoxale où il se trouv
 e dans une forme de dépendance vis-à-vis de l’extérieur (pour le développem
 ent de la technologie d’enregistrement, et pour l’offre de pistes instrumen
 tales sur lesquelles poser sa voix), mais en même temps dans un réseau bien
  plus resserré dans son lien entre les prémices de sa créativité et la pièc
 e musicale en tant qu’objet de diffusion sorti du studio.</p><p>Cette commu
 nication sera l’occasion de présenter les avancées d’une recherche s’appuya
 nt à la fois sur mon travail de thèse et sur les données plus récentes issu
 es à mon dernier séjour sur l’Oyapock en juillet-août 2022. A partir de l’o
 bservation des transformations rapides à l’œuvre dans le champ des musiques
  enregistrées sur le moyen Oyapock, je proposerai des pistes de réflexion a
 fin de comprendre ce qu’une pratique musicale portée finalement par un nomb
 re réduit de musiciens fait pour les habitants du moyen Oyapock dans leur e
 nsemble, et pour la jeunesse en particulier. Je m’attarderai également sur 
 les défis méthodologiques propres à une recherche sur des objets musicaux n
 umériques, en particulier sur le suivi des circulations desdits objets.</p>
 <p>Illustration&nbsp;: Fernando Yakali s’enregistre avec son smartphone. Im
 age fixe tirée du film «&nbsp;Camopi One&nbsp;» de Laure Subreville (2022).
 </p>
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p><img src="https://lesc.agerix.org/images/vstoichita/Image_-_Fernando_Yak
 ali_2022.png" width="250" height="141" alt="Image Fernando Yakali 2022" sty
 le="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;" />Avec <a href="
 https://www.lesc-cnrs.fr/en/profil-utilisateur/fwattelier" target="_blank" 
 rel="noopener">Florent Wattelier</a></p><p>Depuis plusieurs décennies, une 
 forme de globalisation culturelle entraine la circulation de plus en plus r
 apide de genres musicaux exogènes dans les villages amérindiens (teko et wa
 yãpi) de la vallée de l’Oyapock dans l’est des Guyanes. Zouk, konpa, reggae
 , dancehall, brega, rap, … Tous ces genres font aujourd’hui partie des habi
 tudes d’écoute des jeunes gens et de leurs aînés au quotidien, et lors des 
 réunions de boisson. Depuis peu, cependant, la réappropriation de musiques 
 importées a pris une nouvelle forme et ne se limite plus seulement aux prat
 iques d’écoutes&nbsp;: de jeunes gens chantent maintenant dans leur(s) lang
 ue(s) leurs aspirations sur des pistes instrumentales de reggae, de danceha
 ll ou de rap. Les titres enregistrés circulent de village en village depuis
  leur foyer de production et intègrent ainsi les répertoires d’écoute des r
 éunions de boissons, côtoyant des objets musicaux globalisés issus des plus
  grands studios régionaux (Caraïbes) ou mondiaux (Etats-Unis, Europe).</p><
 p>Là où il y a encore quelques années, enregistrer un titre pour les chante
 urs imposait de recourir aux services d’un spécialiste tiers, il est aujour
 d’hui possible de graver ses inspirations par soi-même, sans apparente inte
 rmédiation, sur le moment et sans formation aux techniques de prise du son 
 grâce à son smartphone. La miniaturisation de la technologie permet aujourd
 ’hui aux jeunes chanteurs de se promener avec leur studio d’enregistrement 
 dans la poche. L’accessibilité (gratuité et disponibilité des applications 
 sur smartphone) et la facilité d’utilisation (pas besoin de connaissances d
 ’ingénierie sonore)&nbsp;permettent une production rapide et testimoniale d
 es inspirations musicales. Le musicien se situe ainsi dans cette position p
 aradoxale où il se trouve dans une forme de dépendance vis-à-vis de l’extér
 ieur (pour le développement de la technologie d’enregistrement, et pour l’o
 ffre de pistes instrumentales sur lesquelles poser sa voix), mais en même t
 emps dans un réseau bien plus resserré dans son lien entre les prémices de 
 sa créativité et la pièce musicale en tant qu’objet de diffusion sorti du s
 tudio.</p><p>Cette communication sera l’occasion de présenter les avancées 
 d’une recherche s’appuyant à la fois sur mon travail de thèse et sur les do
 nnées plus récentes issues à mon dernier séjour sur l’Oyapock en juillet-ao
 ût 2022. A partir de l’observation des transformations rapides à l’œuvre da
 ns le champ des musiques enregistrées sur le moyen Oyapock, je proposerai d
 es pistes de réflexion afin de comprendre ce qu’une pratique musicale porté
 e finalement par un nombre réduit de musiciens fait pour les habitants du m
 oyen Oyapock dans leur ensemble, et pour la jeunesse en particulier. Je m’a
 ttarderai également sur les défis méthodologiques propres à une recherche s
 ur des objets musicaux numériques, en particulier sur le suivi des circulat
 ions desdits objets.</p><p>Illustration&nbsp;: Fernando Yakali s’enregistre
  avec son smartphone. Image fixe tirée du film «&nbsp;Camopi One&nbsp;» de 
 Laure Subreville (2022).</p>
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