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CATEGORIES:Séminaire du CREM, CREM
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SUMMARY:Un studio dans la poche. Comment se chante, s’enregistre et se diffuse la jeunesse sur le fleuve Oyapock (Guyane) ?
LOCATION:Lesc – salle 308F (3e étage)
DESCRIPTION:Avec Florent Wattelier (https://www.lesc-cnrs.fr/en/profil-utilisateur/fwat
 telier)\nDepuis plusieurs décennies, une forme de globalisation culturelle 
 entraine la circulation de plus en plus rapide de genres musicaux exogènes 
 dans les villages amérindiens (teko et wayãpi) de la vallée de l’Oyapock da
 ns l’est des Guyanes. Zouk, konpa, reggae, dancehall, brega, rap, … Tous ce
 s genres font aujourd’hui partie des habitudes d’écoute des jeunes gens et 
 de leurs aînés au quotidien, et lors des réunions de boisson. Depuis peu, c
 ependant, la réappropriation de musiques importées a pris une nouvelle form
 e et ne se limite plus seulement aux pratiques d’écoutes : de jeunes gens c
 hantent maintenant dans leur(s) langue(s) leurs aspirations sur des pistes 
 instrumentales de reggae, de dancehall ou de rap. Les titres enregistrés ci
 rculent de village en village depuis leur foyer de production et intègrent 
 ainsi les répertoires d’écoute des réunions de boissons, côtoyant des objet
 s musicaux globalisés issus des plus grands studios régionaux (Caraïbes) ou
  mondiaux (Etats-Unis, Europe).\nLà où il y a encore quelques années, enreg
 istrer un titre pour les chanteurs imposait de recourir aux services d’un s
 pécialiste tiers, il est aujourd’hui possible de graver ses inspirations pa
 r soi-même, sans apparente intermédiation, sur le moment et sans formation 
 aux techniques de prise du son grâce à son smartphone. La miniaturisation d
 e la technologie permet aujourd’hui aux jeunes chanteurs de se promener ave
 c leur studio d’enregistrement dans la poche. L’accessibilité (gratuité et 
 disponibilité des applications sur smartphone) et la facilité d’utilisation
  (pas besoin de connaissances d’ingénierie sonore) permettent une productio
 n rapide et testimoniale des inspirations musicales. Le musicien se situe a
 insi dans cette position paradoxale où il se trouve dans une forme de dépen
 dance vis-à-vis de l’extérieur (pour le développement de la technologie d’e
 nregistrement, et pour l’offre de pistes instrumentales sur lesquelles pose
 r sa voix), mais en même temps dans un réseau bien plus resserré dans son l
 ien entre les prémices de sa créativité et la pièce musicale en tant qu’obj
 et de diffusion sorti du studio.\nCette communication sera l’occasion de pr
 ésenter les avancées d’une recherche s’appuyant à la fois sur mon travail d
 e thèse et sur les données plus récentes issues à mon dernier séjour sur l’
 Oyapock en juillet-août 2022. A partir de l’observation des transformations
  rapides à l’œuvre dans le champ des musiques enregistrées sur le moyen Oya
 pock, je proposerai des pistes de réflexion afin de comprendre ce qu’une pr
 atique musicale portée finalement par un nombre réduit de musiciens fait po
 ur les habitants du moyen Oyapock dans leur ensemble, et pour la jeunesse e
 n particulier. Je m’attarderai également sur les défis méthodologiques prop
 res à une recherche sur des objets musicaux numériques, en particulier sur 
 le suivi des circulations desdits objets.\nIllustration : Fernando Yakali s
 ’enregistre avec son smartphone. Image fixe tirée du film « Camopi One » de
  Laure Subreville (2022).\n
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p><img src="https://lesc.agerix.org/images/vstoichita/Image_-_Fernando_Yak
 ali_2022.png" width="250" height="141" alt="Image Fernando Yakali 2022" sty
 le="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;" />Avec <a href="
 https://www.lesc-cnrs.fr/en/profil-utilisateur/fwattelier" target="_blank" 
 rel="noopener">Florent Wattelier</a></p><p>Depuis plusieurs décennies, une 
 forme de globalisation culturelle entraine la circulation de plus en plus r
 apide de genres musicaux exogènes dans les villages amérindiens (teko et wa
 yãpi) de la vallée de l’Oyapock dans l’est des Guyanes. Zouk, konpa, reggae
 , dancehall, brega, rap, … Tous ces genres font aujourd’hui partie des habi
 tudes d’écoute des jeunes gens et de leurs aînés au quotidien, et lors des 
 réunions de boisson. Depuis peu, cependant, la réappropriation de musiques 
 importées a pris une nouvelle forme et ne se limite plus seulement aux prat
 iques d’écoutes&nbsp;: de jeunes gens chantent maintenant dans leur(s) lang
 ue(s) leurs aspirations sur des pistes instrumentales de reggae, de danceha
 ll ou de rap. Les titres enregistrés circulent de village en village depuis
  leur foyer de production et intègrent ainsi les répertoires d’écoute des r
 éunions de boissons, côtoyant des objets musicaux globalisés issus des plus
  grands studios régionaux (Caraïbes) ou mondiaux (Etats-Unis, Europe).</p><
 p>Là où il y a encore quelques années, enregistrer un titre pour les chante
 urs imposait de recourir aux services d’un spécialiste tiers, il est aujour
 d’hui possible de graver ses inspirations par soi-même, sans apparente inte
 rmédiation, sur le moment et sans formation aux techniques de prise du son 
 grâce à son smartphone. La miniaturisation de la technologie permet aujourd
 ’hui aux jeunes chanteurs de se promener avec leur studio d’enregistrement 
 dans la poche. L’accessibilité (gratuité et disponibilité des applications 
 sur smartphone) et la facilité d’utilisation (pas besoin de connaissances d
 ’ingénierie sonore)&nbsp;permettent une production rapide et testimoniale d
 es inspirations musicales. Le musicien se situe ainsi dans cette position p
 aradoxale où il se trouve dans une forme de dépendance vis-à-vis de l’extér
 ieur (pour le développement de la technologie d’enregistrement, et pour l’o
 ffre de pistes instrumentales sur lesquelles poser sa voix), mais en même t
 emps dans un réseau bien plus resserré dans son lien entre les prémices de 
 sa créativité et la pièce musicale en tant qu’objet de diffusion sorti du s
 tudio.</p><p>Cette communication sera l’occasion de présenter les avancées 
 d’une recherche s’appuyant à la fois sur mon travail de thèse et sur les do
 nnées plus récentes issues à mon dernier séjour sur l’Oyapock en juillet-ao
 ût 2022. A partir de l’observation des transformations rapides à l’œuvre da
 ns le champ des musiques enregistrées sur le moyen Oyapock, je proposerai d
 es pistes de réflexion afin de comprendre ce qu’une pratique musicale porté
 e finalement par un nombre réduit de musiciens fait pour les habitants du m
 oyen Oyapock dans leur ensemble, et pour la jeunesse en particulier. Je m’a
 ttarderai également sur les défis méthodologiques propres à une recherche s
 ur des objets musicaux numériques, en particulier sur le suivi des circulat
 ions desdits objets.</p><p>Illustration&nbsp;: Fernando Yakali s’enregistre
  avec son smartphone. Image fixe tirée du film «&nbsp;Camopi One&nbsp;» de 
 Laure Subreville (2022).</p>
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